La croyance qui freine tout le monde
D'où vient cette idée
Pendant des décennies, l'investissement a été présenté comme le terrain des experts, des héritiers, de ceux qui avaient déjà "assez" pour se permettre de prendre des risques.
Cette image a laissé des traces profondes. Ni l'école, ni la plupart des familles n'ont transmis une culture financière qui donne envie (ou la permission) de débuter en investissement avec peu. Résultat : beaucoup de personnes avancent avec la conviction diffuse que l'investissement n'est pas encore pour elles.
En Suisse, pourtant, 45 % des personnes détiennent déjà au moins un produit d'investissement, ce qui fait de la Confédération l'un des principaux centres d'investissement en Europe (étude BlackRock "People & Money", 2024). La réalité du terrain est bien plus accessible que ce que la plupart imaginent.
C'est l'une des 7 erreurs financières les plus fréquentes que nous observons : confondre "je ne suis pas prêt" avec "ce n'est pas le bon moment".
Ce que cette attente coûte vraiment
L'inaction financière n'est pas neutre. Elle a un coût concret, même s'il est silencieux.
En Suisse, le taux moyen des comptes d'épargne pour adultes était de 0,11 % en janvier 2026, selon Moneyland, un niveau largement insuffisant pour compenser l'effet de l'inflation. L'argent qui reste sur un compte perd donc progressivement de son pouvoir d'achat.
Chaque mois sans investir est un mois où votre argent ne travaille pas… et où sa valeur s'érode en silence.
Le principe des intérêts composés expliqué simplement
Un mécanisme simple mais contre-intuitif
Imaginez une boule de neige en haut d'une pente.
Au départ, elle est petite. Elle ramasse un peu de neige à chaque tour. Mais plus elle grossit, plus elle en ramasse à chaque rotation. Après un moment, ce n'est plus la pente qui fait le travail, c'est la taille de la boule elle-même.
Les intérêts composés fonctionnent exactement comme ça. On investit une somme, elle génère des gains. Ces gains s'ajoutent au capital, et l'année suivante, c'est ce nouveau total qui génère des gains à son tour.
La première année, l'effet est presque invisible. La dixième, il devient perceptible. La trentième, il est spectaculaire.
Selon Raiffeisen Suisse, lorsque les rendements d’un placement sont systématiquement réinvestis, ils génèrent eux-mêmes de nouveaux rendements. La courbe de croissance devient alors « toujours plus raide avec les années ».
C'est ce qu'on appelle le rendement long terme : pas une accumulation linéaire, mais une croissance qui s'accélère.
Deux profils, un résultat surprenant
Voici une comparaison illustrative basée sur une hypothèse de rendement annuel moyen de 5 % (chiffres indicatifs, sans garantie de performance future).
Selon le calculateur suisse calcule.ch – Calculateurs pratiques pour le quotidien , quelqu'un qui commence à épargner 500 CHF par mois à 25 ans atteint environ 760 000 CHF à 65 ans. Quelqu'un qui commence dix ans plus tard avec la même somme n'atteint que 420 000 CHF environ, malgré un effort identique.
La différence ne vient pas du montant investi. Elle vient uniquement du temps donné à l'argent pour travailler.
Et si on compare un Profil A qui investit 100 CHF par mois dès 25 ans, avec un Profil B qui investit 300 CHF par mois à partir de 35 ans ? Le Profil A arrive souvent devant, avec un effort trois fois inférieur. Pas parce qu'il a mis plus, mais parce qu'il a commencé plus tôt.
Pourquoi le temps fait ce que l'argent ne peut pas faire seul
Prenons la règle des 72 : il suffit de diviser 72 par le rendement annuel moyen pour estimer le nombre d’années nécessaires au doublement d’un capital. À 5 % de rendement, celui-ci double en environ 14 ans. Avec un compte d’épargne rémunéré à 0,1 %, il faudrait théoriquement près de 720 ans.
Ce n’est pas une question de chance ou de talent. C’est une question d’arithmétique. Une arithmétique qui favorise celles et ceux qui commencent à investir tôt et laissent le temps agir.
Ce qu'on perd concrètement chaque année d'attente
Le coût de l'inaction
200 CHF par mois à 7 % pendant 35 ans donnent environ 442 000 CHF. La même somme investie sur 20 ans produit seulement 118 000 CHF. Les 15 années supplémentaires au départ ajoutent 324 000 CHF, bien plus que la totalité des sommes versées sur toute la période.
Ce chiffre dit quelque chose d'essentiel : dans l'épargne long terme, ce ne sont pas les dernières années qui font la performance. Ce sont les premières. Chaque année ajoutée au début de la trajectoire vaut bien plus que chaque année ajoutée à la fin.
Attendre le bon moment est aussi une erreur
L'attente ne se justifie pas non plus par la recherche du moment parfait pour entrer sur les marchés. Comme nous l'expliquons dans notre article sur Les 7 erreurs financières à corriger | AdvisorOne Academy, personne ne sait quand est le bon moment, pas même les professionnels. Ce qui compte, c'est d'être dans le jeu, pas de trouver l'entrée parfaite.
Commencer petit est une stratégie, pas un compromis
Ce qu'on peut faire avec 50 ou 100 CHF par mois
La barrière psychologique la plus fréquente est celle-ci : "c'est trop peu pour que ça vaille la peine."
Ce n'est pas vrai.
100 CHF placés à 25 ans à 7 % par an valent plus de 1 000 CHF à 65 ans, uniquement grâce au temps. Multipliez ça par des versements réguliers sur 40 ans, et l'effet devient considérable. Investir un petit montant régulièrement permet aussi de s'initier concrètement : comprendre comment fonctionnent les marchés, apprivoiser les hausses et les baisses, développer une discipline qui s'amplifie naturellement avec les revenus.
Pour aller plus loin, notre article sur les ETF diversifiés explique simplement comment investir dans des centaines d'entreprises simultanément, avec des frais très faibles et sans expertise particulière. En Suisse, des solutions comme le pilier 3a en titres permettent même de combiner l'effet des intérêts composés avec un avantage fiscal immédiat.
L'investissement progressif
Débuter en investissement ne signifie pas tout résoudre d'un coup.
On commence avec ce qu'on peut, même si c'est modeste. On comprend ce qu'on fait. Et quand les revenus progressent, la capacité d'investir progresse naturellement aussi.
La régularité surpasse souvent une mise de départ élevée sans alimentation dans le temps. Un investisseur discipliné, sans capital de départ mais constant sur 25 ans, peut générer jusqu'à 49 % de plus qu'un investisseur ayant pourtant 50 000 CHF au départ mais n'alimentant plus son placement.
L'important n'est pas de commencer fort. C'est de commencer et de continuer de manière constante et régulière.
Les bonnes questions à se poser avant de commencer
Quel est mon objectif
Investir "parce qu'il le faudrait" sans savoir pourquoi produit rarement de bons résultats sur le long terme.
Un objectif concret change tout : constituer un capital pour un projet, préparer sa retraite, construire une autonomie financière progressive, réduire sa dépendance à un seul revenu. Ces repères donnent une direction et rendent chaque décision beaucoup plus simple à tenir dans le temps.
Quel est mon horizon de temps
L'horizon de placement est l'une des premières choses à clarifier. Sur 2 ou 3 ans, les marchés peuvent baisser sans avoir le temps de récupérer. Sur 10, 15 ou 20 ans, les données historiques montrent que la probabilité de résultat positif dépasse 95 %. L'horizon de temps définit le niveau de risque qu'on peut raisonnablement accepter.
Par où commencer concrètement
Avant de choisir un produit, une plateforme ou une stratégie, il y a une étape que personne ne peut sauter : comprendre sa propre situation.
Combien je gagne, combien je dépense, combien je peux mettre de côté sans me fragiliser. C'est cette clarté qui permet de débuter en investissement sereinement.
Si vous souhaitez poser ces bases gratuitement et à votre rythme, le Parcours Fondations d'AdvisorOne Academy est conçu exactement pour ça : comprendre les mécanismes de l'investissement, identifier ses objectifs, et prendre des décisions financières éclairées, sans jargon.
Et si vous préférez commencer par un état des lieux personnalisé de votre situation, le diagnostic financier AdvisorOne vous permet de faire ce premier point, sans engagement.
Pour aller encore plus loin et construire une stratégie réellement adaptée à votre profil, notre programme Signature propose un accompagnement individuel sur la durée : de la compréhension des bases jusqu'à la mise en place concrète d'une stratégie patrimoniale personnalisée.
Pour conclure
Le temps est la ressource la plus précieuse en investissement. C'est aussi la seule qu'on ne peut pas récupérer.
On peut gagner plus d'argent. On peut apprendre plus vite. On peut choisir de meilleurs supports. Mais les années passées à attendre, elles, ne se récupèrent jamais.
Commencer à investir tôt, même avec peu et sans tout comprendre encore, c'est donner à son argent le seul carburant que personne ne peut acheter plus tard : le temps. Pour autant, il n'est jamais trop tard pour commencer. Même à l'approche de la retraite, il est encore possible d'avoir 30 à 50 ans devant soi, une période durant laquelle le temps peut continuer à jouer en faveur de son patrimoine.
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Questions fréquentes
Peut-on vraiment investir avec peu d'argent ?
Oui. Le montant de départ importe moins que la régularité et la durée. En Suisse, des solutions comme le pilier 3a en titres ou des plans d'épargne ETF permettent de commencer avec quelques dizaines de francs par mois. Ce qui compte, c'est d'installer le réflexe et de laisser le temps travailler.
Quel est l'âge idéal pour commencer à investir ?
Le plus tôt possible. Selon les simulations de calcule.ch – Calculateurs pratiques pour le quotidien , commencer à 25 ans plutôt qu'à 35 ans avec le même versement mensuel peut presque doubler le capital final à la retraite. Le meilleur moment pour commencer reste toujours maintenant, quelle que soit la situation de départ.
Combien faut-il mettre de côté par mois pour investir ?
Il n'y a pas de chiffre universel. Ce qui compte davantage que le montant, c'est la régularité. Même 50 CHF par mois constituent un point de départ valable, à condition de le maintenir dans le temps et d'augmenter progressivement avec les revenus.
Pourquoi les intérêts composés sont-ils si puissants ?
Parce qu'ils créent une croissance qui s'accélère avec le temps. Les gains générés s'ajoutent au capital, et ce nouveau total génère lui-même des gains l'année suivante.
Comment savoir par où commencer si on ne connaît rien en finance ?
Par sa propre situation : ce qu'on gagne, ce qu'on dépense, ce qu'il reste. Avant de choisir un support d'investissement, avoir cette clarté est indispensable. Le Parcours Fondations d'AdvisorOne Academy est accessible gratuitement pour poser ces bases, à son propre rythme et sans jargon.
Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre purement informatif et éducatif. Elles ne constituent en aucun cas une recommandation personnalisée, un conseil en investissement, une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente de produits financiers.
Toute décision d’investissement doit être prise après une analyse approfondie de votre situation personnelle, de vos objectifs et de votre profil de risque, et peut nécessiter l’avis d’un conseiller financier agréé.
Les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs. Les investissements comportent des risques, notamment le risque de perte en capital.