À la fin de cet article, vous comprendrez pourquoi chaque année d’attente représente un manque à gagner réel, et pourquoi commencer à investir tôt, même avec peu, change profondément l’équation.
La croyance qui freine tout le monde
Beaucoup de personnes repoussent l’investissement en pensant qu’il faut d’abord avoir plus. Cette idée a une histoire, et elle a surtout un coût que l’on mesure rarement.
D’où vient cette idée
Pendant des décennies, l’investissement a été présenté comme le terrain des experts, des héritiers, de ceux qui avaient déjà « assez » pour se permettre de prendre des risques.
Ni l’école, ni la plupart des familles n’ont transmis une culture financière qui donne envie (ou la permission) de débuter en investissement avec peu. Résultat, beaucoup de personnes avancent avec la conviction diffuse que les finances personnelles et l’investissement ne sont pas encore pour elles.
En Suisse, pourtant, l’investissement se démocratise. Selon BlackRock (2025), 16 % des adultes détiennent déjà des ETF, des fonds cotés en bourse qui regroupent de nombreuses entreprises, contre 9 % en 2022.
C’est l’une des 7 erreurs financières les plus fréquentes que nous observons : confondre « je ne suis pas prêt » avec « ce n’est pas le bon moment ».
Ce que cette attente coûte vraiment
L’inaction financière n’est pas neutre.
Selon PostFinance, son compte d’épargne en CHF ne rapporte plus aucun intérêt depuis août 2025. L’argent qui y reste perd donc progressivement de son pouvoir d’achat dès que les prix augmentent.
Chaque mois sans investir est un mois où votre argent ne travaille pas… et où sa valeur s’érode en silence.
Le principe des intérêts composés expliqué simplement
Derrière le pouvoir du temps se cache un mécanisme simple, dont les effets dépassent souvent ce que l’intuition laisse imaginer. On l’apprend pourtant rarement à l’école.
Un mécanisme simple mais contre-intuitif
Imaginez une boule de neige en haut d’une pente.
Au départ, elle est petite. Elle ramasse un peu de neige à chaque tour. Mais plus elle grossit, plus elle en ramasse à chaque rotation. Après un moment, ce n’est plus la pente qui fait le travail, c’est la taille de la boule elle-même.
Les intérêts composés fonctionnent exactement comme ça. On investit une somme, elle génère des gains. Ces gains s’ajoutent au capital, et l’année suivante, c’est ce nouveau total qui génère des gains à son tour.
C’est ce qu’on appelle le rendement long terme : pas une accumulation linéaire, mais une croissance qui s’accélère.
Deux profils, un résultat surprenant
Voici une comparaison illustrative, avec un rendement hypothétique de 5 % par an (chiffres indicatifs, sans garantie de performance future).
Le Profil A et le Profil B investissent chacun 100 CHF par mois. Le Profil A commence à 25 ans, le Profil B à 35 ans. À 65 ans, le Profil A dispose d’environ 152'600 CHF, le Profil B d’environ 83'200 CHF.
Pour rattraper son retard, le Profil B devrait investir environ 183 CHF par mois, presque le double. Pas parce que le Profil A a fait un effort plus grand, mais parce qu’il a commencé plus tôt.
Pourquoi le temps fait ce que l’argent ne peut pas faire seul
Prenons la règle des 72 : il suffit de diviser 72 par le rendement annuel moyen pour estimer le nombre d’années nécessaires au doublement d’un capital. À 5 % de rendement, celui-ci double en environ 14 ans. Avec un compte d’épargne rémunéré à 0,1 %, il faudrait théoriquement près de 720 ans.
C’est une arithmétique simple, qui favorise celles et ceux qui commencent à investir tôt et laissent le temps agir.
Ce qu’on perd concrètement chaque année d’attente
Le coût de l’attente est invisible au quotidien. Pourtant, il se calcule. Quelques chiffres simples suffisent à montrer ce que représentent quelques années de retard.
Le coût de l’inaction
Avec un rendement hypothétique de 7 % par an, 200 CHF investis chaque mois pendant 35 ans donnent environ 360'000 CHF. La même somme investie sur 20 ans produit environ 104'000 CHF. Les 15 années supplémentaires au départ ajoutent ainsi environ 256'000 CHF, bien plus que la totalité des sommes versées sur toute la période (84'000 CHF).
Ce chiffre dit quelque chose d’essentiel : dans l’épargne long terme, ce ne sont pas les dernières années qui font la performance. Ce sont les premières.
Attendre le bon moment est aussi une erreur
L’attente ne se justifie pas non plus par la recherche du moment parfait pour entrer sur les marchés. Comme nous l’expliquons dans notre article sur les erreurs financières à corriger, personne ne sait quand est le bon moment, pas même les professionnels. Ce qui compte, c’est d’être dans le jeu, pas de trouver l’entrée parfaite.
Commencer petit est une stratégie, pas un compromis
Le montant de départ fait souvent peur. Pourtant, commencer à investir tôt avec peu vaut bien plus qu’attendre d’avoir beaucoup. C’est aussi la façon la plus simple de débuter en investissement.
Ce qu’on peut faire avec 50 ou 100 CHF par mois
La barrière psychologique la plus fréquente est celle-ci : « c’est trop peu pour que ça vaille la peine. »
Ce n’est pas vrai.
Avec un rendement hypothétique de 7 % par an, 100 CHF placés à 25 ans valent environ 1'500 CHF à 65 ans, uniquement grâce au temps. Investir un petit montant régulièrement permet aussi de s’initier concrètement : comprendre comment fonctionnent les marchés, apprivoiser les hausses et les baisses.
Les ETF diversifiés permettent justement d’investir dans des centaines d’entreprises simultanément, avec des frais très faibles et sans expertise particulière.
L’investissement progressif
Débuter en investissement ne signifie pas tout résoudre d’un coup.
On commence avec ce qu’on peut. Et quand les revenus progressent, la capacité d’investir progresse naturellement aussi.
L’important n’est pas de commencer fort. C’est de commencer et de continuer de manière constante et régulière.
Les bonnes questions à se poser avant de commencer
Avant de se lancer, quelques questions simples évitent bien des hésitations. Elles posent les bases d’une vraie autonomie financière, construite à votre rythme.
Quel est mon objectif
Investir « parce qu’il le faudrait » sans savoir pourquoi produit rarement de bons résultats.
Un objectif concret change tout : constituer un capital pour un projet, préparer sa retraite, construire une autonomie financière progressive, réduire sa dépendance à un seul revenu.
Quel est mon horizon de temps
Sur 2 ou 3 ans, les marchés peuvent baisser sans avoir le temps de récupérer. Sur le très long terme, la tendance a été nettement positive. Selon Pictet (2026), les actions suisses ont rapporté en moyenne 6,8 % par an entre 1900 et 2025. L’horizon de temps définit le niveau de risque qu’on peut raisonnablement accepter.
Par où commencer concrètement
Avant de choisir un produit, une plateforme ou une stratégie, il y a une étape que personne ne peut sauter : comprendre sa propre situation.
Le Parcours Fondations de l’Académie permet de poser ces bases gratuitement. Le Diagnostic financier de l’Académie permet, lui, de faire un premier point sur votre situation.
Conclusion
Le temps est la ressource la plus précieuse en investissement.
On peut gagner plus d’argent. On peut apprendre plus vite. Mais les années passées à attendre, elles, ne se récupèrent jamais.
Commencer à investir tôt, même avec peu et sans tout comprendre encore, c’est donner à son argent le seul carburant que personne ne peut acheter plus tard : le temps. Pour autant, il n’est jamais trop tard pour commencer. À tout âge, chaque année laissée au temps compte.
Pour faire un premier pas dès aujourd’hui, choisissez un montant que vous pourriez mettre de côté chaque mois sans vous fragiliser, même 50 CHF, et notez à quoi il servira.
Pour commencer : le Parcours Fondations de l’Académie, gratuit et accessible à tous les niveaux, vous aide à poser les bases.
Pour aller plus loin : le Diagnostic financier de l’Académie vous aide à faire le point sur votre situation.
FAQ
Peut-on vraiment investir avec peu d’argent ?
Oui. Le montant de départ importe moins que la régularité et la durée. En Suisse, des solutions comme le pilier 3a en titres ou des plans d’épargne ETF permettent de commencer avec quelques dizaines de francs par mois. Ce qui compte, c’est d’installer le réflexe et de laisser le temps travailler.
Quel est l’âge idéal pour commencer à investir ? (H3)
Le plus tôt possible, car c’est le temps qui donne toute leur force aux intérêts composés. Commencer à 25 ans plutôt qu’à 35 ans, avec le même effort mensuel, peut presque doubler le capital final. Le meilleur moment pour commencer reste toujours maintenant, quelle que soit la situation de départ.
Combien faut-il mettre de côté par mois pour investir ?
Il n’y a pas de chiffre universel. Ce qui compte davantage que le montant, c’est la régularité. Même 50 CHF par mois constituent un point de départ valable, à condition de le maintenir dans le temps et d’augmenter progressivement avec les revenus.
Pourquoi les intérêts composés sont-ils si puissants ?
Parce qu’ils créent une croissance qui s’accélère avec le temps. Les gains générés s’ajoutent au capital, et ce nouveau total génère lui-même des gains l’année suivante. Avec un rendement hypothétique de 5 % par an, un capital double en environ 14 ans.
Comment savoir par où commencer si on ne connaît rien en finance ?
Par sa propre situation : ce qu’on gagne, ce qu’on dépense, ce qu’il reste. Avant de choisir un support d’investissement, avoir cette clarté est indispensable. Le Parcours Fondations de l’Académie est accessible gratuitement pour poser ces bases, à son propre rythme et sans jargon.
⚠️ Avertissement important ⚠️
Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre purement informatif et éducatif. Elles ne constituent en aucun cas une recommandation personnalisée, un conseil en investissement, une offre ou une sollicitation d'achat ou de vente de produits financiers.
Toute décision d'investissement doit être prise après une analyse approfondie de votre situation personnelle, de vos objectifs et de votre profil de risque, et peut nécessiter l'avis d'un conseiller financier agréé.
Les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs. Les investissements comportent des risques, notamment le risque de perte en capital.