La taille d’une société apporte une première indication sur certaines caractéristiques de l’investissement, notamment sa liquidité et sa volatilité. Elle ne garantit toutefois ni sa solidité ni sa performance future. Voici ce qu'il faut vraiment comprendre avant de vous fier à ce seul critère.
La capitalisation boursière correspond au prix actuel d’une action multiplié par le nombre total d’actions en circulation. Elle sert de repère pour comparer la taille des sociétés cotées. On distingue ainsi les grandes capitalisations, souvent perçues comme des placements plus stables, et les petites capitalisations, qui peuvent offrir un potentiel de croissance plus élevé, en contrepartie d'une volatilité plus marquée.
Ces deux catégories jouent un rôle différent dans la construction d'un portefeuille. Comprendre ce qui les distingue permet à un investisseur de mieux repérer les opportunités qui s'offrent à lui, tout en gardant une vision claire des risques associés à chacune.
Comprendre comment répartir ses investissements entre différentes catégories d’entreprises demande de tenir compte de ses objectifs, de son horizon de placement et de sa tolérance au risque. C’est notamment ce que nous vous aidons à structurer dans le cadre de Signature.
Les grandes capitalisations (Big Caps)
On parle de grande capitalisation pour désigner les entreprises cotées dont la valeur boursière dépasse 10 milliards de francs. En Suisse, des groupes comme Nestlé, Roche ou Novartis en font partie.
Parmi les grandes capitalisations, certaines sont qualifiées de “valeurs vedettes” ou de “blue chips” en raison de leur taille, de leur notoriété et de la liquidité importante de leurs actions. Ce sont souvent les noms que l'on retrouve en tête du SMI, l'indice phare de la bourse suisse, dans le CAC 40 pour la France ou dans l’EURO STOXX 50 pour l’Europe.
Mais une grande capitalisation n'est pas pour autant à l'abri de tout risque. L'histoire de Wirecard le rappelle : intégrée au DAX en 2018 et autrefois présentée comme l’un des fleurons de la fintech européenne, l’entreprise s’est effondrée en 2020 à la suite d’un important scandale comptable.
La leçon à en tirer est simple : la taille d'une entreprise ne garantit jamais la qualité d'un investissement. Faire ses propres recherches reste indispensable, y compris en s'intéressant à des sociétés plus petites, qui peuvent tout à fait constituer une base solide au sein d'un portefeuille diversifié.
Les petites capitalisations (Small Caps)
Comme leur nom l'indique, les petites capitalisations affichent une valeur boursière bien plus modeste, généralement comprise entre 250 millions et 2 milliards de francs. On les retrouve dans tous les secteurs d'activité et à tous les stades de développement, y compris au sein du SPI, l'indice large de la bourse suisse, aux côtés d'entreprises comme Bossard ou Comet Holding.
Contrairement à une idée reçue, les petites capitalisations ne sont pas systématiquement de jeunes start-ups. Beaucoup sont au contraire des entreprises bien établies, avec un historique solide et une situation financière saine. C'est justement leur taille plus réduite qui leur laisse, en théorie, davantage de marge de progression.
En contrepartie, ces actions ont tendance à être plus volatiles, donc plus risquées, que celles des grandes entreprises. Un volume d'échanges plus faible suffit souvent à faire bouger leur cours de façon marquée, parfois même au cours d'une seule journée de bourse.
Quels sont les principaux ordres de grandeur ?
Il n’existe pas de seuils universels pour classer les entreprises. Les montants ci-dessous sont des repères indicatifs, exprimés en francs suisses pour faciliter la lecture. Ils peuvent varier selon les marchés et les méthodologies utilisées.
● Méga-capitalisation : 200 milliards de francs et plus
● Grande capitalisation : de 10 à 200 milliards de francs
● Capitalisation moyenne : de 2 à 10 milliards de francs
● Petite capitalisation : de 250 millions à 2 milliards de francs
● Micro-capitalisation : de 50 à 250 millions de francs
● Nano-capitalisation : moins de 50 millions de francs
Ces catégories se sont construites progressivement, en lien avec l'évolution des indices boursiers. Elles restent toutefois relatives et non figées : selon les contextes, certains considèrent par exemple qu'une entreprise devient une méga-capitalisation seulement au-delà de 100 milliards de francs.
Quelles sont les caractéristiques des grandes capitalisations ?
Au-delà de leur taille, les grandes capitalisations sont généralement des entreprises anciennes et bien établies. Parce qu’elles sont souvent plus matures et disposent parfois de revenus mieux établis, certaines grandes capitalisations versent des dividendes réguliers. Ce n’est toutefois ni systématique ni garanti. Ce sont souvent des leaders de marché, avec des marques largement reconnues du grand public.
Quels sont les risques liés aux petites capitalisations ?
Les petites capitalisations peuvent offrir de belles perspectives de croissance, mais elles comportent aussi des risques spécifiques à connaître.
Leur volatilité, d'abord, est généralement plus élevée : les variations de prix, à la hausse comme à la baisse, peuvent y être plus marquées que sur des valeurs plus importantes. Ensuite, ces titres sont souvent moins liquides et moins échangés, avec des écarts entre prix d'achat et de vente plus larges, ce qui peut rendre l'entrée ou la sortie d'une position plus coûteuse. C'est le genre de nuance qu'il vaut mieux connaître avant d'investir plutôt qu'après une première mauvaise surprise.
Questions fréquentes
Une petite capitalisation est-elle forcément une jeune entreprise ?
Non. Beaucoup de petites capitalisations sont des entreprises bien établies, avec plusieurs années, voire décennies, d'existence. Leur taille modeste tient surtout à leur secteur d'activité ou à leur stratégie de croissance, pas nécessairement à leur ancienneté.
Faut-il éviter les petites capitalisations si l'on débute en bourse ?
Pas nécessairement. Leur pertinence dépend du profil de risque, de l’horizon de placement et du niveau de diversification de l’investisseur. Il est toutefois essentiel de comprendre leur volatilité et leur liquidité potentiellement plus faibles avant d’y investir.
Les grandes capitalisations sont-elles à l'abri des crises ?
Non. Leur taille et leur solidité apparente ne les protègent pas d'un effondrement, comme l'illustre l'exemple de Wirecard. Une grande capitalisation reste un investissement à part entière, qui mérite d'être analysé comme tel.
Peut-on combiner petites et grandes capitalisations dans un même portefeuille ?
Oui. Combiner plusieurs tailles d’entreprises permet de diversifier l’exposition du portefeuille entre des sociétés présentant des caractéristiques différentes. Cette diversification peut contribuer à mieux répartir certains risques, sans toutefois supprimer le risque de perte.
Comment savoir dans quelle catégorie se situe une action ?
Il suffit de multiplier le prix actuel de l'action par le nombre total d'actions en circulation. Ce chiffre, la capitalisation boursière, est généralement disponible directement sur les principales plateformes financières, ou sur le site de SIX Swiss Exchange pour les valeurs suisses.
Au fond, ce qu’il faut retenir tient en une phrase : la capitalisation boursière apporte des informations utiles sur la taille d’une entreprise et sur certaines caractéristiques de son action, mais elle ne suffit pas à déterminer la qualité d’un investissement.
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Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre purement informatif et éducatif. Elles ne constituent ni une recommandation personnalisée, ni un conseil en investissement, ni une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente de produits financiers.
Toute décision d’investissement doit être prise après une analyse de votre situation personnelle, de vos objectifs et de votre profil de risque. Les investissements comportent des risques, notamment un risque de perte en capital. Les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs.